Les cinq classes d’impuretés de l’eau

eau ultra pure

L’eau peut contenir cinq classes d’impuretés qui interfèrent avec les manipulations en laboratoire. C’est pourquoi l’eau destinée aux applications scientifiques et médicales doit être préalablement purifiée à l’aide de systèmes et de médias correctement sélectionnés afin de réduire les risques de contamination et de croissance bactérienne.

Seule la connaissance de la composition de l’eau d’alimentation permet de sélectionner ou concevoir un système de purification adapté. Ces informations peuvent être obtenues auprès du fournisseur d’eau local ou après analyse d’un échantillon.

L’eau est dotée d’une capacité unique lui permettant de se charger de particules en suspension et d’éléments dissous. L’eau naturelle et potable contient donc des « impuretés », classées en cinq grandes catégories.

Les particules

Les particules peuvent être dures (sable, pierre, limon, débris de canalisation), molles (débris végétaux) ou colloïdales (organiques ou non). Elles encrassent et/ou endommagent les colonnes de séparation, gênent le fonctionnement de vannes et de compteurs ou encore interfèrent avec le fonctionnement des instruments.

Les composés inorganiques dissous

Les composés inorganiques dissous constituent la majorité des impuretés présentes dans l’eau : carbonates de calcium et de magnésium (à l’origine d’une dureté temporaire ou permanente), sels de sodium, silice en provenance des lits de rivière sableux, composés de fer ferreux et ferriques dérivés des minéraux et des canalisations rouillées, phosphates issus des détergents, nitrates issus d’engrais, chlorures, aluminium intervenant dans la potabilisation de l’eau…

De nombreux ions présents peuvent également affecter les réactions organiques et biochimiques.

Les composés organiques dissous

Les composés organiques dissous proviennent de la décomposition des matériaux végétaux (acides humiques et fulviques, tanins, lignine…), de composants organiques issus de l’agriculture, de l’industrie du papier, des déchets domestiques et industriels (détergents, graisses, huiles, solvants, etc…).

Il peut également s’agir de traces de produits lessiviels utilisés dans le cadre de nettoyage de châteaux d’eau ou de canalisations. Tous ces composés sont susceptibles d’interférer avec les techniques d’analyse et d’affecter les expériences biologiques.

Les microorganismes et biomolécules

Les microorganismes et biomolécules contaminent l’eau naturelle, les bactéries étant les plus présentes. La chloration appliquée aux réseaux d’eau permet de les éliminer.

Toutefois, l’eau potable ainsi obtenue contient toujours des microorganismes revivifiables qui peuvent proliférer après déchloration et donner naissance à des biofilms sur toutes les surfaces humides des composants du système de purification d’eau, y compris les réservoirs de stockage et les canalisations d’un système de distribution. Elles peuvent alors interférer dans des expériences de laboratoire directement ou via leurs sous-produits (pyrogènes, phosphatases alcalines ou nucléases).

Les gaz dissous

Les gaz dissous contenus dans l’eau potable, tels que l’azote, l’oxygène et le dioxyde de carbone, peuvent également affecter les manipulations en laboratoire. Les deux premiers génèrent des bulles qui interfèrent dans des processus tels que le comptage des particules ou les mesures en spectrophotométrie. La concentration d’oxygène peut même fausser certaines réactions biochimiques. Le dioxyde de carbone dissous dans l’eau est en équilibre avec les hydrogénocarbonates et bicarbonates donnant ainsi un caractère acide à l’eau.

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